Une conférence vient de se terminer, la quatrième cette année… un peu différente des précédentes :

Tout d’abord parce que, face au public, se trouvaient trois et même jusqu’à quatre intervenants, ensuite parce que le sujet de cette conférence était un livre, publié en 2016 et relatant une histoire vraie, dont l’action s’est déroulée, en partie, à Trégastel, avant et pendant la Grande Guerre, mais présentée sous deux formes différentes.

La première version qui s’intitule Les sept fils du piqueur de pierres est l’œuvre de Maria Prat, paysanne, conteuse de Brélévénez qui écrivit, quelque soixante ans après qu’un commis de ferme lui eut raconté le destin tragique d’un Trégastellois, l’histoire d’un homme qu’elle imagina piqueur de pierres et qu’elle baptisa Jean-Marie Denmat.

Cette première version dont le texte fut récupéré chez un brocanteur fut  repris  et travaillé par des élèves de 5è du collège Saint-Dominique de Guingamp et publié à trois cents exemplaires. L’un d’eux tomba entre les mains d’Albert Lisillour, passionné d’histoire et de généalogie qui, à sa grande stupéfaction, reconnut le parcours de son grand-père Rolland Lissillour !

Jean-Marie était devenu Rolland et diverses pistes furent alors exploitées.

La seconde version L’Histoire du soldat Rolland Lissillour est le résultat d’un lent et patient travail de recherches mené conjointement par Albert Lissillour, Jean-Yves Séradin et Frédéric Le Personnic, ces  deux derniers, professeurs à Guingamp. Ils réussiront à tracer le parcours de Rolland de Guingamp, à Langemarck en Belgique en passant par Cherbourg, Le Havre, Dunkerque, Ypres… Langemarck où il fut blessé d’un éclat de grenade dont il décéda le 1er novembre 1914.

Leur opiniâtreté leur a même permis de trouver la tombe du soldat Rolland Lissillour, au cimetière militaire de Notre-Dame-de-Lorette sans négliger l’itinéraire de sa mère, de son frère, de sa veuve et de ses enfants dont la situation, après la guerre, fut souvent tragique.

Merci à eux trois et à Madame Marie- Claire Morin, éditrice de l’ouvrage, de nous avoir plongés dans cette  période si sombre et de nous avoir fait revivre, avec beaucoup d’émotion des moments tragiques.

N.B: Prochaine conférence vendredi 23 novembre avec Olivier Macaux: Céline ou la révolution du roman.