CERCLE D'HISTOIRE DE LA MUSIQUE (2017-2018)

Lieu : Espace associatif de Castel-Pic 4, rue du Murio 22200 Guingamp.

Dates : 29 Septembre 2017 – 13 Octobre 2017 – 10 et 24 novembre 2017 -  8 et 22 décembre 2017 – 19 janvier 2018 – 2 et 16 février 2018 – 23 mars 2018 – 6 avril 2018 – 18 mai 2018.

Horaires : 14h30 – 16h15.

Professeur : M. Pierre CHARLOT

Ce cercle a pour objet

      de faire découvrir ou redécouvrir des grandes œuvres du patrimoine musical

      de doter les participants de clefs aidant à une meilleure approche de ces œuvres

      de mettre si possible en évidence les liens existant entre les différents aspects de la création littéraire, artistique et musicale eu égard aux attentes de la société à un moment donné.

La présentation de ces œuvres est effectuée simplement, en un langage excluant les termes par trop techniques. Aucune connaissance préalable n'est attendue de la part des adhérents à ce cercle.

 Chaque séance comporte l'audition de morceaux choisis  illustrant le propos. Il peut s'agir d'œuvres complètes ou de fragments caractéristiques empruntés au répertoire lyrique, symphonique ou de musique de chambre. Il existe plusieurs approches possibles ; c'est pour l'instant  le principe d'un choix d'œuvres s'articulant autour d'un thème qui est privilégié.

 

PROGRAMME POUR L’ANNÉE 2017-2018

1er thème

L'ouverture

La forme  musicale de l’ouverture ne jouit sans doute pas d’un prestige identique à la symphonie, au concerto, à la sonate ou au quatuor, d’autant qu’elle est généralement associée à un opéra un oratorio, une cantate... Pourtant cette forme recèle de véritables chefs-d’œuvre que l’on n’hésite pas à exécuter  isolément en concert au même titre qu’une symphonie par exemple

Après une période de tâtonnement oscillant de la simple fanfare de l’Orfeo de Monteverdi à la sinfonia de l’opéra vénitien, la structure se précise et deux modèles rivalisent : l’ouverture à l’italienne du napolitain Alessandro Scarlatti et l’ouverture à la française de Lully, de Rameau qui y introduit des éléments descriptif (Platée). La relation avec l’intrigue de l’opéra deviendra plus évident avec Gluck (Iphigénie en Aulide).

Après que les auteurs classiques ont cherché quel rôle donner à l’ouverture pour en accroître l’intérêt, Mozart (Les Noces de Figaro, Don Juan) et Beethoven (Léonore n° III) apportent leur réponse : la préparation psychologique de l’auditeur.

Avec l’époque romantique, nous atteignons les cimes avec une pléiade d’œuvres très souvent jouées en concert :  la brillante ouverture du Freischütz de Weber ou celle si poétique d’Obéron. Wagner  s’inscrit dans sa suite  et en écrit de remarquables (Tannhäuser, les Maîtres-chanteurs de Nuremberg), mais préfère souvent la forme plus concise et moins contraignante du prélude (Lohengrin, Tristan et Isolde).

A cette époque, apparaissent des ouvertures complètement indépendantes, sans aucun lien avec une œuvre dramatique . Bach en avait donné l’exemple avec ses 4 Suites pour orchestre . L’idée est reprise par Berlioz (Le Carnaval romain), Brahms (Ouverture académique  sur des thèmes de chansons d’étudiants) Tchaïkovski (Ouverture 1812 pour commémorer une victoire russe à partir des hymnes nationaux des pays concernés).

Une mode apparaît au XIXe siècle : l’ouverture pot-pourri qui prélude aux opéras-comique français et même aux opérettes viennoise (Strauss La Chauve-souris).

Quelques ouvertures seront encore écrites (Rossini Guillaume Tell Verdi La Force du destin), mais aux début du XXe siècle les compositeurs auront tendance à abandonner l’ouverture et même le prélude ou, au mieux, de réduire ce dernier à quelques mesures ( Debussy Pelléas et Mélisande).

 

2e thème

Une forme hybride entre symphonie et concerto

Il est de chefs-d’œuvre assez peu connus, de caractère symphonique, mais qui nécessitent l’intervention intermittente d’un soliste dont la partie, quoique difficile, n’est pas suffisamment valorisante pour un concertiste de haut niveau. Ces œuvres trouvent leur origine dans les pièces médiévales exécutées en dialogue ou en écho. Plus tard prendront forme le concerto grosso, le concerto de soliste(s) et la symphonie concertante (MozartSymphonie concertante pour violon alto et orchestre K. 364).

L’esprit en est abandonné à l’époque romantique, mais  quelques œuvres de première grandeur, très connues ou pratiquement ignorées, se trouvent au croisement des formes symphonique et concertante. C’est le cas d’Harold en Italie avec alto de Berlioz, de la Symphonie espagnole avec violon de Lalo, de la Danse macabre avec violon de Saint-Saëns, les Variations symphoniques avec piano  de Franck,  de la remarquable Symphonie sur un chant montagnard français avec piano de d’Indy et même la Symphonie avec orgue de Saint-Saëns malgré les interventions parcimonieuses de l’instrument.

Au XXe siècle quelques compositeurs se sont réapproprié le genre, les œuvres les plus remarquables restant certainement, dans des genres différents,  Nuit dans les Jardins d’Espagne avec piano de de Falla et la Rhapsodie in blue avec piano de Gershwin.